<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Histoires d&apos;entorse</title><link>http://histoiredentorse.canalblog.com/</link><description>Simple chronique ou &#xe9;v&#xe8;nement, elles racontent leurs entorses...</description><language>fr</language><lastBuildDate>Thu, 17 May 2012 13:35:05 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>La contribution de L.</title><dc:creator>ucans</dc:creator><link>http://histoiredentorse.canalblog.com/archives/2011/01/07/20061589.html</link><comments>http://histoiredentorse.canalblog.com/archives/2011/01/07/20061589.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://histoiredentorse.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/20061589/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://histoiredentorse.canalblog.com/archives/2011/01/07/20061589.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#ff0033&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;Mai 2003. Il fait beau et chaud sur Paris et je rentre de mon travail, press&#xe9; de quitter mon costume cravate. Le vendredi je sors &#xe0; 14H30 et je profite ainsi d&apos;un long week-end que j&apos;ai pr&#xe9;vu de passer &#xe0; Paris o&#xf9; je bosse depuis six mois et dont je n&apos;ai pas fini de d&#xe9;couvrir les myst&#xe8;res.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Denfert o&#xf9; je descend c&apos;est l&apos;affluence. Et puis mon regard s&apos;arr&#xea;te. Devant moi, une jolie brunette dans les 25 ans, qui part sans doute en week-end avec sa jupe en jean, son tee-shirt Esprit, ses sandales Bensimon et son petit sac &#xe0; dos en toile. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle bo&#xee;te. Fortement. D&apos;ailleurs elle porte sa chaussure gauche en gro&#xfb;le et son pied &#xe0; l&apos;air bien enfl&#xe9;. Elle s&apos;&#xe9;carte pour laisser passer la foule tandis que je me tiens en arri&#xe8;re. Elle reprend sa marche lente et douloureuse, une marche rendue encore plus difficile par l&apos;incroyable enchev&#xea;trement d&apos;escalier. Elle en descend un, continue dans la galerie, s&apos;arr&#xea;te un instant, rel&#xe8;ve un peu son pied tout en le sortant de la sandale qui demeure sur le sol. Je note qu&apos;il a une bien jolie vo&#xfb;te bien arrondie. Elle se rechausse, reprend sa marche, monte p&#xe9;niblement un escalier et s&apos;enfile dans une autre galerie en direction de la ligne 4, direction Montparnasse. Je sens sa marche se ralentir et m&#xea;me si je ne vois que sa jolie chevelure brune, j&apos;imagine que son visage refl&#xe8;te la souffrance, car les inconnus qui la croise se retournent et la d&#xe9;visagent. D&apos;ailleurs au regard insistant d&apos;un jeune homme, elle lance un &amp;quot;tu veux ma photo?&amp;quot; d&apos;une voix furieuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voil&#xe0; qu&apos;un nouvel escalier est &#xe0; descendre. C&apos;est le dernier avant le quai. Elle semble paralys&#xe9;e &#xe0; l&apos;id&#xe9;e de le descendre et h&#xe9;site &#xe0; poser le pied sur la marche. Je m&apos;approche. &amp;quot;Est ce que je peux vous aider?&amp;quot;. Elle se retourne brusquement. Je ne vois que des yeux noirs aussi sympathique qu&apos;une mitrailleuse. Elle me d&#xe9;visage, jette un regard de haut en bas et me parcours s&#xe9;v&#xe8;rement. Elle se d&#xe9;fait son sac &#xe0; dos et d&apos;un ton ferme elle me demande de le prendre. Je la laisse faire quand elle pose ses deux mains sur la main courante pour tenter de descendre l&apos;escalier sur un seul pied. &amp;quot;Vous allez vous casser la figure&amp;quot; dis-je d&apos;un air faussement entendu. &amp;quot;Vous avez quelque chose &#xe0; proposer?&amp;quot; me r&#xe9;pond t&apos;elle, une moue boudeuse d&apos;adolescente &#xe0; l&apos;appui. &amp;quot;Oui! Tenez la rembarde de votre main gauche et passez la droite autour de mon cou!&amp;quot; et joignant le geste &#xe0; la parole, je met le sac sur mon &#xe9;paule et me saisit de sa main droite. Dans le m&#xea;me temps, je la ceinture de mon bars gauche te ma main se pose pudiquement sur sa hanche. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La brunette au caract&#xe8;re apparemment bien tremp&#xe9; ne pipe pas mot et se laisse faire. Nous descendons l&apos;escalier. Elle sautille sur son pied valide et tend l&apos;autre jambe en avant. Une fille, qui remonte l&apos;escalier, nous d&#xe9;visage. Je sens la brunette pr&#xea;t &#xe0; ouvrir le bec d&apos;une fa&#xe7;on aussi agrable que le lion de la MGM. Je n&apos;attends pas qu&apos;elle prononce le moindre mot et lan&#xe7;e &amp;quot;Laissez donc faire. Elle est jalouse!&amp;quot;. Ma prot&#xe9;g&#xe9;e &#xe9;clate alors d&apos;un rire franc et sonore et nus reprenons notre descente qui pour moi n&apos;est pas celle aux enfers car je ressens une sensation tr&#xe8;s agr&#xe9;able due au rapprochement avec son corps que je sens brulant contre le mien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous ne nous d&#xe9;collons pas tandis que nous attendons la rame suivante. Le haut parleur annonce une interruption de service estim&#xe9;e &#xe0; une heure &#xe0; la suite d&apos;un incident. Pour ma prot&#xe9;g&#xe9;e, il est hors de question de remonter &#xe0; la surface pour prendre un bus qui serait par ailleurs bond&#xe9;e et o&#xf9; le pauvre pied bless&#xe9; prendrait quelques risques d&apos;&#xea;tre pi&#xe9;tin&#xe9;. &amp;quot;Et bien merci! Je ne vais pas vous retarder et attendre patiemment sur un si&#xe8;ge. Au moins je pourrai reposer mon pied&amp;quot; me dit elle. Je l&apos;interroge sur le chemin qui lui reste &#xe0; faire. En fait elle va &#xe0; la gare Montparnasse et part pour passer le week end chez une amie. J&apos;imagine le chemin qui lui reste, et il lui sera visiblement impossible de le parcourir seule dans cet &#xe9;tat. Je l&apos;assure que j&apos;ai tout mon temps et elle finit par accepter que je prolonge ma pr&#xe9;sence et l&apos;accompagne jusqu&apos;&#xe0; son train. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je d&#xe9;fait ma cravate, la met dans ma poche apr&#xe8;s l&apos;avoir soigneusement pli&#xe9;e et m&apos;asseoit aupr&#xe8;s d&apos;elle. Elle croise ses jambes et laisse tomber la sandale qu&apos;elle porte ua pied bless&#xe9;. &amp;quot;Une entorse?&amp;quot;; &amp;quot;A vrai dire, je n&apos;en sais rien. Hier, j&apos;ai tr&#xe9;buche sur un s&#xe9;parateur qui d&#xe9;limite la voie r&#xe9;serv&#xe9;e au bus et je me suis vautr&#xe9;e. Et puis ce matin, je me suis r&#xe9;veill&#xe9; avec &#xe7;&#xe0;&amp;quot; et elle me montre son pied nu et gonfl&#xe9; depuis le ras des orteils jusqu&apos;&#xe0; la cheville. Elle ajoute &amp;quot;Ca me fait un mal de chien&amp;quot;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est bien joli ce tout petit pied &#xe0; la joli cambrure et aux orteils si mimi que je les croquerai. Mais bien enfl&#xe9; aussi et &#xe0; vrai dire c&apos;est inqui&#xe9;tant. &amp;quot;Vous auriez du appeler un m&#xe9;decin&amp;quot;. &amp;quot;vous en avez de boones vous&amp;quot; me r&#xe9;pond t&apos;elle courrou&#xe7;&#xe9;e. &amp;quot;Vous savez, SOS MEDECINS ne se d&#xe9;place pas pour une entorse et vous envoie aux urgences. Et l&#xe0; basx vous poirotez des heures pour vous entendre dire qu&apos;il y a d&apos;autres urgences bien plus graves et qu&apos;il fallait s&apos;adresser &#xe0; SOS MEDECINS. Bref c&apos;est le chien qui se mord la queue!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La rame arrive enfin. Mais au moment de se lever, ma jolie petite bless&#xe9;e peut encore moins poser le pied par terre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A nous la longue travers&#xe9;e des couloirs de Montparnasse Bienven&#xfc;e! Sur mon dos! Nous arrivons au tapis roulant qu&apos;il ne faut pas rater sous peine de se retrouver les quatre fers en l&apos;air. Je d&#xe9;pose ma bless&#xe9;e et nous nous enla&#xe7;ons de mani&#xe8;re &#xe0; sauter comme si c&apos;&#xe9;tait du parachutisme. Ouf! Nous ne sommes pas tomb&#xe9;s. Et elle &#xe9;clate de rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Assise dans le hall des d&#xe9;parts, celle dont je viens d&apos;apprendre le charmant pr&#xe9;nom, Sarah, m&apos;attends sagement. Je pr&#xe9;texte un besoin pressant. En fait je vais &#xe0; la pharmacie de la gare o&#xf9; j&apos;ach&#xe8;te pour la modique somme de 32 euros une paire de b&#xe9;quilles, un tube de K&#xe9;tum et de quoi faire un bandage. &amp;quot;C&apos;est cadeau&amp;quot; dis-je &#xe0; Sarah interloqu&#xe9;. Et sous les yeux de tout le monde apr&#xe8;s avoir longuement mass&#xe9; la cheville, j&apos;ex&#xe9;cute un bandage impeccable qui procure imm&#xe9;diatement &#xe0; ma jolie brune un r&#xe9;el soulagement. Je n&apos;aurai pas &#xe0; lui apprendre le maniement des b&#xe9;quilles. &amp;quot;J&apos;en ai d&#xe9;j&#xe0; eu&amp;quot;. Je l&apos;accompagne jusqu&apos;&#xe0; son train. Elle me remercie, me fait un petit bisou sur la joue, et m&apos;envoie un bonjour de la main tandis que la rame s&apos;&#xe9;branle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon week end est curieux. J&apos;erre dans Paris sans rien voir car le souvenir de ma brunette ne cesse de me hanter et je dors tr&#xe8;s mal.Je ressens l&apos;indicible besoin de me rendre &#xe0; la gare ce dimanche soir. Et pourtant, il est pr&#xe8;s de minuit. Le TGV arrive. Oui, c&apos;est bien elle qui descend, le corps hal&#xe9; par un week-end sur une plage normande. J&apos;ai un peu peur de sa r&#xe9;action quand elle va me voir. Pour l&apos;heure, elle s&apos;avance dans un b&#xe9;quillage dynamique, son jooli petit pied nu survolant le sol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle me regarde. Elle me sourit. Je m&apos;approche, la d&#xe9;livre de son sac &#xe0; dos et sans mot dire, nous nous dirigeons vers la sortie. &amp;quot;Tu m&apos;as bien dit que tu habitais un cinqui&#xe8;me sans ascenseur?&amp;quot;; Elle me r&#xe9;pond par l&apos;affirmative, pas le moins du monde effray&#xe9;e par le tutoiement irr&#xe9;fl&#xe9;chi dont je viens de la gratifier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous prenons le m&#xe9;tro jusqu&apos;&#xe0; Al&#xe9;sia,&amp;nbsp; descendons &#xe0; pied jusqu&apos;&#xe0; l&apos;avenue Coty o&#xf9; j&apos;habite. Nous ne disons pas un mot, jusqu&apos;&#xe0; ce qu&apos;elle ait franchi la porte de mon petit appartement.Elle laisse tomber ses b&#xe9;quilles et se blottit contre moi...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En d&#xe9;finitive, ce f&#xfb;t une grosse entorse qu&apos;il fall&#xfb;t pl&#xe2;trer trois semaines. Puis une attelle f&#xfb;t n&#xe9;cessaire avant qu&apos;elle&amp;lt;puisse remarcher.Elle ne regagna son cinqui&#xe8;me sans ascenseur que pour d&#xe9;m&#xe9;nager.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A No&#xea;l, je l&apos;ai amen&#xe9; &#xe0; mes parents et en mai, un an apr&#xe8;s notre rencontre son petit ventre commen&#xe7;a &#xe0; s&apos;arrondir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes quatre d&#xe9;sormais. Cinq avec le chat! On vient de s&apos;installer dans le petit pavillon que m&apos;a l&#xe9;gu&#xe9; ma grand tante. Et dire que tout est parti d&apos;une entorse!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu comprendras donc pourquoi j&apos;aime tant ce que tu fais cher Ucans&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 06 Jan 2011 23:03:29 GMT</pubDate></item><item><title>Clelia (Marseille)</title><dc:creator>ucans</dc:creator><link>http://histoiredentorse.canalblog.com/archives/2010/11/18/19642268.html</link><comments>http://histoiredentorse.canalblog.com/archives/2010/11/18/19642268.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://histoiredentorse.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/19642268/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://histoiredentorse.canalblog.com/archives/2010/11/18/19642268.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify; color: black;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000; font-size: 10pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Moi, je n&apos;ai jamais eu la chance d&apos;avoir une entorse pour de vrai parce que j&apos;avais vraiment envie d&apos;avoir des b&#xe9;quilles pour &#xea;tre le centre du monde pendant quelques jours au lyc&#xe9;e. Alors j&apos;ai jou&#xe9; la com&#xe9;die. Pendant des semaines, en cachette de mes parents, je me suis entrain&#xe9;e &#xe0; marcher avec les b&#xe9;quilles dont ma soeur s&apos;&#xe9;trait servie plusieurs ann&#xe9;es auparavant. Et puis j&apos;ai attendu. Des mois. Et puis le grand jour est arriv&#xe9;.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; color: black;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000; font-size: 10pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;J&apos;&#xe9;tais seule &#xe0; la maison. Mes parents &#xe9;taient partis chercher des clients pour deux semaines. On &#xe9;tait &#xe0; huit jours des grandes vacances. Apr&#xe8;s je partirai chez ma tante en Bretagne. Ce lundi matin l&#xe0;, je me suis pr&#xe9;par&#xe9;e. Une minijupe en jean, un tee-shirt, une Bensimon au pied droit. Et puis comme je l&apos;avais appris sur Internet, je me suis faite un beau bandage &#xe0; la cheville gauche, sans oublier de fixer une &#xe9;paisseur en coton hydrophile pour simuler le gonflement de la cheville. Et une couche de vernis sur mes ongles aussi...&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;J&apos;avais le coeur qui battait quand j&apos;ai abord&#xe9; la rue. Peur aussi de faire une rencontre impr&#xe9;vue. Aussi je suis partie plus t&#xf4;t. Et j&apos;ai jou&#xe9; mon r&#xf4;le...&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;J&apos;ai pris le m&#xe9;tro, observant les regards des voyageurs &amp;nbsp;tant&#xf4;t curieux, tant&#xf4;t compatissant. A la station du lyc&#xe9;e, l&apos;ascenseur &#xe9;tait en panne. Et un gar&#xe7;on que je ne connaissais pas m&apos;a offert de m&apos;aider. Et il m&apos;a soulev&#xe9;e et port&#xe9;e dans ses bras. C&apos;&#xe9;tait aussi inattendu qu&apos;agr&#xe9;able.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Je suis arriv&#xe9; au lyc&#xe9;e. Le jour de gloire. J&apos;ai &#xe9;t&#xe9; entour&#xe9;e. On m&apos;a port&#xe9; mon sac &#xe0; dos. J&apos;ai eu droit &#xe0; l&apos;ascenseur. Bref, une semaine o&#xf9; j&apos;&#xe9;tais le point de mire de tout le monde. Tout le monde &amp;nbsp;&#xe9;tait extraordinairement gentil. Tout le monde sauf cette peste de C&#xe9;line, montrant sa jalousie car elle &#xe9;tait habituellement la vedette de la cour du lyc&#xe9;e.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Tout le monde a cru &#xe0; mon histoire de chute dans l&apos;escalier, de passage aux urgences et &#xe0; toute la multitude de d&#xe9;tails glan&#xe9;e sur Internet.&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Je suis partie en vacances. C&apos;&#xe9;tait chouette la plage. sauf que j&apos;ai pass&#xe9; le plus clair de mon temps sur la serviette, regardant mes copines s&apos;amuser. C&apos;&#xe9;tait chouette aussi les sorties en boite. sauf que je ne pouvais pas danser.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Et oui, j&apos;&#xe9;tais en b&#xe9;quilles;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Parce que je ne vous ai pas encore dit qu&apos;&#xe0; peine arriv&#xe9;e chez ma tante, je suis tomb&#xe9;e de cheval et mon pied est rest&#xe9; dans l&apos;&#xe9;trier. Fracture du pied. Un m&#xe9;tatarse. Le truc qui ne se pl&#xe2;tre pas et ne se bande pas. Il faut juste ne pas poser le pied par terre.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mais au moins, &#xe7;a m&apos;a permis de passer d&apos;inoubliables moments avec Romain&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; color: black;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000; font-size: 10pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 18 Nov 2010 22:04:00 GMT</pubDate></item><item><title>M&#xe9;lanie (Cahors)</title><dc:creator>ucans</dc:creator><link>http://histoiredentorse.canalblog.com/archives/2010/11/18/19634549.html</link><comments>http://histoiredentorse.canalblog.com/archives/2010/11/18/19634549.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://histoiredentorse.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/19634549/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://histoiredentorse.canalblog.com/archives/2010/11/18/19634549.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #006600;&quot;&gt;C&apos;&#xe9;tait un 21 juin &#xe0; la descente du train qui me ramenait chaque soir de mon travail &#xe0; Toulouse. Je me souviens bien de la date, car le soir j&apos;avais pr&#xe9;vu de me rendre &#xe0; la f&#xea;te de la musique. Inattention? Fatigue? C&apos;&#xe9;tait s&#xfb;rement un peu des deux. Et en posant le pied sur le quai, je me suis tordue la cheville. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca ne m&apos;a pas vraiment fait mal sur le coup. C&apos;&#xe9;tait juste bizarre, comme si mon pied &#xe9;tait engourdi. Je suis rentr&#xe9;e chez moi, j&apos;ai pris une douche, j&apos;ai enfil&#xe9; mon ensemble en jean beige et les ravissants nu-pieds que j&apos;avais achet&#xe9; l&apos;ann&#xe9;e d&apos;avant &#xe0; la fin des soldes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apr&#xe8;s, j&apos;ai rejoint Clarisse et Vanessa au Gambetta. C&apos;est l&#xe0; que ma cheville a commen&#xe7;&#xe9; &#xe0; se rappeler &#xe0; mon bon souvenir. Une petite douleur allant crescendo. Et l&apos;impression &#xe9;trange que malgr&#xe9; les fines brides, mon pied &#xe9;tait &#xe0; l&apos;&#xe9;troit dans la chaussure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il &#xe9;tait maintenant 22 h et la nuit commen&#xe7;ait &#xe0; tomber tandis que la foule grossissait sur les All&#xe9;es et que l&apos;orchestre &#xe9;gr&#xe9;nait ses premi&#xe8;res notes. Il &#xe9;tait temps d&apos;aller danser. Je me suis lev&#xe9;e. Mes copines se sont &#xe9;tonn&#xe9;es que je bo&#xee;te, moi qui &#xe9;tais arriv&#xe9;e presqu&apos;en courant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&apos;ai tent&#xe9; de donner le change en pr&#xe9;textant une crampe. En fait j&apos;avais mal, mais c&apos;&#xe9;tait supportable. Et on s&apos;est mise &#xe0; danser. Pas longtemps. Car au bout de quelques minutes, je n&apos;en pouvais d&#xe9;j&#xe0; plus. Clarisse avait rencontr&#xe9; un copain et s&apos;&#xe9;tait &#xe9;vanouie quelque part dans la foule pour cacher son bonheur naissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vanessa m&apos;a regard&#xe9; avec inqui&#xe9;tude. Elle m&apos;a attir&#xe9; &#xe0; l&apos;&#xe9;cart jusqu&apos;au petit square d&apos;&#xe0; cot&#xe9;. Je me suis assise sur un banc et Vanessa s&apos;est accroupie devant moi pour examiner ma cheville. &quot;Et bien, ma vieille, tu t&apos;es pas rat&#xe9;e!&quot; s&apos;est elle exclam&#xe9;e apr&#xe8;s avoir relev&#xe9; le fond de mon pantalon. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis pench&#xe9;e. J&apos;avais une grosse boule autour de la mall&#xe9;ole, grosse comme une balle de golf. Et maintenant &#xe7;a me lan&#xe7;ait vraiment et je ne pouvais plus poser le pied par terre. Juste en face, il y avait l&apos;h&#xf4;pital. Portable coll&#xe9; sur l&apos;oreille pour tenter de joindre Clarisse, Vanessa traversa la rue, ne m&apos;abandonnant que quelques minutes pour revenir avec un homme en blanc poussant une chaise roulante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&apos;&#xe9;tait l&apos;interne de garde. Il se pencha et &#xf4;ta ma chaussure. Et apr&#xe8;s un examen rapide, il me souleva dans ses bras et me posa sur le fauteuil roulant. Il d&#xe9;plia le repose pied, m&apos;allongea la jambe avec pr&#xe9;caution et m&apos;amena dans l&apos;h&#xf4;pital.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ces moments l&#xe0;, c&apos;est fou ce qu&apos;on peut s&apos;int&#xe9;resser &#xe0; des choses d&#xe9;risoires. Et pour moi, c&apos;&#xe9;tait la couleur du vernis &#xe0; ongle dont Vanessa avait d&#xe9;cor&#xe9; ses orteils et dont la couleur rose pastel me plaisait beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par chance, les inevitables beuveries des soirs de f&#xea;te n&apos;avait pas encore anim&#xe9; l&apos;h&#xf4;pital et ne moins de trente minutes, je fus radiographi&#xe9; et examin&#xe9;. J&apos;avoue que j&apos;ai eu un peu peur quand l&apos;interne est revenu avec les radios et qu&apos;il a commen&#xe7;&#xe9; &#xe0; poser son diagnostic.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&quot;Et bien, vous pouvez dire que vous avez de la chance!&quot; dit-il. Car malgr&#xe9; la volumineuse enflure de ma mall&#xe9;ole je n&apos;avais qu&apos;un entorse simple sans complications. Il&lt;br /&gt;Vanessa est du genre persuasif. Elle n&apos;h&#xe9;sita pas &#xe0; sonner chez le pharmacien du coin pour obtenir des b&#xe9;quilles qu&apos;elle me ramena tel un paquet cadeau tandis que l&apos;interne immobilisait mon pied dans une attelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des b&#xe9;quilles d&apos;un joli rose pastel. Vanessa avait m&#xea;me insist&#xe9; pour choisir la couleur. A pr&#xe8;s de minuit. Il faut le faire. Je n&apos;eus aucune peine &#xe0; m&apos;y habituer et pourtant c&apos;&#xe9;tait les premi&#xe8;res ( et j&apos;esp&#xe8;re derni&#xe8;res) de ma vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clarisse r&#xe9;appar&#xfb;t enfin. Accompagn&#xe9;e. On s&apos;&#xe9;tait install&#xe9;e &#xe0; la terrasse du&amp;nbsp; Gambetta. Elle devait &#xea;tre dans l&apos;&#xe9;tat second qui caract&#xe9;rise les filles tr&#xe8;s amoureuses et ne remarqua qu&apos;au bout de cinq minutes que j&apos;&#xe9;tais d&#xe9;sormais en b&#xe9;quilles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce serait une banalit&#xe9; que de raconter les jours qui suivirent, s&apos;il ne s&apos;&#xe9;tait pas produit un &#xe9;v&#xe9;nement qui allait changer le cours de ma vie...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir de ma m&#xe9;saventure, tandis qu&apos;on buvait le dernier verre de la soir&#xe9;e, le nouvel amoureux de Clarisse fit signe &#xe0; un de ses copains. Un grand brun un peu timide qui accepta l&apos;invitation et s&apos;installa en face de moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je le revis deux jours plus tard, une fin d&apos;apr&#xe8;s-midi. Pour me changer les id&#xe9;es et d&#xe9;sormais tr&#xe8;s &#xe0; l&apos;aise avec mes b&#xe9;quilles j&apos;&#xe9;tais all&#xe9; fl&#xe2;ner en ville. En sortant de chez Camaieu, je l&apos;avais crois&#xe9; et il m&apos;avait gentiment offert de boire un verre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l&apos;avais &#xe9;cout&#xe9; et je dois dire que je l&apos;avais trouv&#xe9; tr&#xe8;s interessant, modeste, discret, mais tr&#xe8;s cultiv&#xe9; et surtout il avait un regard qui exprimait une r&#xe9;elle gentillesse. En fait, je m&apos;&#xe9;tais soudain senti merveilleusement bien. Et moi d&apos;habitude si m&#xe9;fiante et critique au regard des gar&#xe7;ons car ils m&apos;avaient souvent d&#xe9;&#xe7;u, je me mis &#xe0; me livrer comme jamais je ne l&apos;avais fait auparavant. Et quand son bras passa autour de mon cou, &#xe0; ma propre surprise je me suis laiss&#xe9; aller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois que peu de filles peuvent dire qu&apos;elles gardent un bon souvenir du temps des b&#xe9;quilles. Moi oui! Tant et si bien qu&apos;apr&#xe8;s deux semaines au cours desquelles il f&#xfb;t d&apos;une rare tendresse, ma conviction f&#xfb;t que j&apos;avais rencontr&#xe9; mon complementaire, l&apos;autre moiti&#xe9; de moi-m&#xea;me, celui que j&apos;avais tant cherch&#xe9; et jamais trouv&#xe9;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n&apos;&#xe9;tais pas encore gu&#xe9;rie. J&apos;&#xe9;tais toujours en b&#xe9;quilles et si ma cheville d&#xe9;gonfl&#xe9;e pouvait maintenant se passer de l&apos;attelle, je ne pouvais encore poser mon pied et encore moins le chausser. &lt;br /&gt;Comme &#xe0; l&apos;habitude, j&apos;&#xe9;tais all&#xe9; l&apos;attendre non loin de son travail. J&apos;avais b&#xe9;quill&#xe9; &#xe0; ses c&#xf4;t&#xe9;s jusqu&apos;&#xe0; ce petit caf&#xe9; en haut du boulevard o&#xf9; nous &#xe9;tions &#xe0; l&apos;abri des regards indiscrets. Comme d&apos;habitude, j&apos;avais pos&#xe9; mon pied bless&#xe9; sur ses genoux et comme d&apos;habitude il l&apos;avait caress&#xe9;, faisant courrir sa longue main fine et douce tout le long et me disant combien il le trouvait mignon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, il est devenu gr&#xe2;ve. D&apos;une voix blanche, visiblement tr&#xe8;s &#xe9;mu, il m&apos;a dit qu&apos;il m&apos;aimait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes mari&#xe9;s maintenant. Et deux petites filles comblent notre union.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, je peux le dire. Ce f&#xfb;t une merveilleuse entorse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 17 Nov 2010 23:27:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>
